Intervention à l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe concernant les élections en Albanie

Mme DALLOZ (France) – Monsieur le rapporteur, je me réjouis que, malgré une situation très tendue avant la campagne électorale, le scrutin se soit déroulé dans le calme, ce qui est assez inhabituel en Albanie. Je ne peux que regretter la très forte abstention qui devrait, comme dans mon pays d’ailleurs, interpeller les représentants du peuple. La volonté de continuer sur la voie des réformes indispensables, notamment celle de la justice, est importante pour l’Albanie et pour les Européens.

Au-delà des élections albanaises, je voudrais revenir sur cet outil merveilleux que sont les observations d’élection. Pour avoir participé à plusieurs d’entre elles, je peux vous assurer que notre rôle est essentiel pour favoriser la démocratie et l’État de droit, dont la tenue des élections libres sont le socle.
Dans ce cadre, nous travaillons sous l’égide du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme, l’Odihr, le bureau de l’OSCE chargé de centraliser toutes les missions d’observation. J’ai pu constater que cette collaboration n’est pas toujours facile parce que notre vision du rôle de l’observateur n’est pas la même. Loin d’être des juges, voire des donneurs de leçons, les observateurs doivent être un soutien en dénonçant les fraudes et en soulignant les efforts, parfois impressionnants, que certains pays font pour permettre le vote dans les meilleures conditions et dans le respect de la démocratie. L’humilité et le respect des électeurs comme de ceux qui tiennent les bureaux de vote sont indispensables. Surtout, le communiqué de presse commun devrait être le reflet d’une impartialité sans défaut, base de notre crédibilité.
Alors que nous discutons cette semaine de l’avenir du Conseil de l’Europe et que 2018 s’annonce très riche en élections, j’émets le vœu que nous réfléchissions ensemble à l’avenir de nos missions d’observation car, de par les valeurs que nous défendons, de par nos institutions spécialisées comme la Commission de Venise, nous pouvons, parlementaires de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, apporter une expérience spécifique et montrer que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ne ferme la porte à personne mais que, par le dialogue, elle est là pour conduire chacun sur une route commune vers la démocratie.