Intervention à l'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe

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Monsieur le rapporteur, Madame Christine Lagarde, présidente du FMI, rappelait dans une conférence que la hausse des inégalités de revenus était un frein au développement de la croissance économique et que, de fait, la lutte pour une réduction de ces inégalités était bénéfique à l’économie. Au-delà de ces avantages, il est clair que l’augmentation de ces inégalités dans tous les pays européens, a des conséquences dramatiques sur la cohésion sociale.

Cette inégalité des revenus est accentuée par la disparité des minimas sociaux. Certains pays disposent d’une allocation spécifique pour la vieillesse, d’autres pour les plus jeunes. L’accès à ces aides est également disparate. Ainsi dans les pays nordiques, un jeune, même vivant sous le toit de ses parents, peut recevoir des allocations. Ces minimas sociaux devraient, dans l’ensemble de l’Europe, tenir compte du coût de la vie, ce qui n’est pas toujours le cas.

Malheureusement les dernières échéances électorales en Europe et dans le monde, j’en veux pour exemple l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, nous ont démontré que cette disparité des revenus représentait à terme un danger pour nos démocraties. Le sentiment d’abandon voire de frustration de certaines populations se traduit à la fois par des taux d’abstention élevés mais surtout par un vote populiste. Ainsi des analyses post électorales en France ont montré que 45% des ouvriers auraient voté pour Marine Le Pen, et que les personnes affirmant avoir des fins de mois « difficiles » avaient également porté leur voix sur les candidats des partis extrêmes. De même, il est frappant de constater sur la carte de France que les chiffres d’une abstention forte émanent souvent des territoires sinistrés économiquement mais aussi de zones où l’Etat n’est plus présent. A cela s’ajoute aussi la peur du déclassement social, accentuée par la faiblesse de l’ascenseur social autrefois porté par l’école.

Appartenir à une nation c’est aussi avoir droit à l’égalité où que l’on vive sur le territoire de celle-ci. Je suis élue dans une zone rurale et je me bats contre la fermeture de services publics dans ce secteur de montagne, où il peut s’avérer compliqué de parcourir des dizaines de kilomètres l’hiver. Les politiques nationales devraient mieux prendre en compte les spécificités des territoires, devraient renforcer des services publics de proximité, ce qui, de fait, attirerait aussi de l’emploi. Comment imaginer une start-up dans un désert numérique, ces fameuses « zones blanches » ? Comment imaginer l’installation de jeunes médecins sans écoles, sans commerces ? C’est à cela que nous devons veiller en tant que politiques : réduire les inégalités entre les territoires démontre que l’Etat ne traite pas différemment ses citoyens ; et faire de l’emploi la priorité. C’est une bataille difficile mais que nous devons gagner car quand le sentiment d’égalité et de fraternité n’est plus là, c’est la liberté qui est en danger.

Je vous remercie de votre attention.